Bon récapitulons. Toulon s’étant livrée aux Anglais en 1793 est considérée comme traîtresse à la Révolution. La préfecture lui est retirée en 1795 et confiée à Draguignan. Pendant des décennies, Draguignan la républicaine est gérée par des hommes politiques du centre gauche, RadSoc, comme beaucoup de villes et villages de la région. Elle vire SFIO dans l’entre deux guerres (personne n’est parfait). Draguignan connaît des grands noms, s’oppose à Napoléon III, élit Clémenceau au poste de député puis de sénateur, se développe, se modernise, accueille des services de l’Etat dans ses murs. A la fin du 19e siècle, la vocation tertiaire, administrative et militaire de Draguignan est déjà pratiquement scellée.
Draguignan a toujours été une préfecture loyale envers la République (son député-maire, pourtant SFIO, vote contre les pleins pouvoirs du maréchal Pétain en 1940). Mais elle a toujours manqué de réelles capacités de développement économique, se satisfaisant de l’apport de l’administration et de son tissu agricole local. Pendant ce temps, Toulon, malgré la forte présence militaire, développe son économie et voit sa démographie s’envoler. A la fin des années 1960, Draguignan compte environ 14000 habitants tandis que Toulon en dénombre 160000, soit dix fois plus. Et ce qui devait arriver arriva : en 1974, la préfecture est retirée à Draguignan pour être redonnée à Toulon avec certaines compensations qui n’empêchent par la colère des habitants. A notre sens, ce transfert n’était que logique. Les hommes politiques qui avaient laissé s’endormir leur ville pendant des décennies n’ont eu que la rançon de leur inaptitude à développer une ville qui avait des atouts. Voilà ce que ça donne quand on est géré pendant un siècle et demi par les RadSoc, la SFIO ou le PS.
Depuis 1984, à l’exception d’un mandat PS, la ville est gérée par la droite (enfin à peu près… mais ce n’est pas l’objet de cet article). Alors, il faudrait peut-être exiger de nos élus qu’ils ne commettent pas les mêmes erreurs que leurs prédesseurs socialistes. Bien sûr que les services de l’Etat, les emplois tertiaires et le développement de la garnison sont une chance pour notre ville. Mais il ne faudrait pas oublier de poursuivre voire renforcer son développement économique. Son avenir passe par la communauté d’agglomération, c’est sûr, mais il faudrait arrêter de nous seriner avec le parc des Bréguières et ne pas toujours mettre tous les oeufs dans le même panier. Nous ne voulons pas d’une ville dortoir de l’est-varois, d’une banlieue des Alpes Maritimes. Nous voulons une ville dynamique, novatrice et exemplaire sur le plan du développement économique. Autrement, Draguignan ne sera que la « métropole d’équilibre » de Fréjus-Saint Raphaël. Elles auront tôt fait, constatant l’écart économique, démographique, touristique qui existe entre la côte et la Dracénie, de réclamer la sous-préfecture si précieusement gardée à l’abri de son cocon.
N’est-ce pas se qui passe déjà avec le tour du Haut-Var, pour lequel la ville continue à verser un tribut conséquent. Fièreté sportive de notre ville, retransmise par le groupe Canal plus, la course a désormais deux étapes. La première part de Saint Raphaël (tiens, tiens…) et arrive à Grimaud. Ce n’est plus le tour du Haut Var, c’est le tour du « bas-ventre ». La deuxième étape part de Draguignan pour arriver à Callian. Peut-être que ce glissement se poursuivra dans les années qui viennent. Ainsi le départ de la première étape pourrait être donné à Saint Raphaël avec arrivée à Fréjus, ville départ de la deuxième étape avec arrivée à Saint Raphaël! Draguignan serait traversée une fois lors de la deuxième étape puis se rendormirait !!!! STN (voir, par ailleurs, un extrait du reportage en images de PhotoLecteur)